Aquarelle, oui mais non (mais oui)

Voilà, le titre résume bien mon état d’esprit depuis plusieurs mois. Du coup, vous pouvez arrêter de lire tout de suite, tout était dans le titre de toute façon.

Au dernier épisode, j’étais joie parce que l’aquarelle avait pris une jolie place dans ma vie, et même j’avais fait une expo-vente super sympa, de belles rencontres, et je peignais beaucoup, souvent, avec des projets plein la tête, dont une boutique Etsy, une boutique Zazzle, un travail ultra difficile mais motivant sur l’amélioration de mes talents en retouche d’image numérique (pas difficile, on part de zéro, et j’ai l’impression avec peu de talent naturel sur ce sujet spécifique).

J’avais fait quelques formations d’aquarelle en ligne, aussi, appris beaucoup, très enthousiasmée, et cela avait apporté une dimension et une direction nouvelle à ma façon de peindre.

Et puis, j’ai trouvé un cours d’aquarelle « en vrai », dans ma ville, à un prix défiant toute concurrence, pour lequel on a accès à tout un tas d’ateliers variés chaque semaine (bon, en réalité, la majorité des ateliers sont à des horaires totalement incompatibles avec une vie professionnelle, mais on y a théoriquement accès quand même). Avec mes deux comparses du Watercolour Night Gang, nous sommes donc allées dans le quartier pourri de la ville, un lundi soir de 19h à 21h, armées de nos petits carnets, pinceaux, et bonnes volontés.
Nous avons trouvé (difficilement, d’ailleurs, on s’est bien bien perdues la première fois) un groupe de personnes retraitées, dont certaines extraordinairement talentueuses, qui peint pour la plupart depuis des années, dans un style qui clairement n’est pas le mien. Il s’agit d’un style d’aquarelle que je décrirais comme « flou », rapide, très peu défini ou précis. Pour illustrer mon propos, voici quelques exemples similaires en style, que j’ai pu trouver sur une page d’images libres de droit. Ce ne sont pas les choses que nous faisons dans le groupe, mais le style s’en approche.

 

    

Vous voyez mieux ce que je veux dire?

De mon côté, j’aime les choses détaillées, les choses dessinées (ce qui, apparemment, n’est pas de l’aquarelle selon la définition acceptable dans ce groupe). Par exemple, j’aime le style de Beatrix Potter (Mme Peter Rabbit), ou alors les aquarelles de Laura Pasquet (lauratravelbook sur Instagram), ou encore God save the TeaTime (vous la trouverez sur les réseaux sociaux), pour n’en citer que trois parmi les mille qui m’inspirent.

Du coup, je me suis retrouvée, deux fois par semaine, à faire des exercices que je n’aime pas, pour illustrer des choses que je n’aime pas, le tout avec des résultats qui oscillent entre Ultra Moche et A Vomir, avec de temps à autre un truc Moins Mauvais. Le tout en essayant de ne pas pleurer, de fatigue (les cours auxquels je peux assister sont en fin de journée, et assez tard, donc j’y vais assez claquée de ma journée de travail), et de frustration. Pendant 1h30 à 3h selon les cours.

Je me suis inscrite pour apprendre des choses que je ne savais pas faire, donc d’une certaine façon, c’est ce que je fais. Mais cela se traduit par plusieurs problèmes directs :

– je n’arrive pas utiliser les techniques que j’apprends dans ce que je peins, car cela n’est pas adapté au style que j’affectionne.
– cet état de fait a bloqué ma créativité, et j’ai arrêté de peindre. Je ne peignais plus que lors des cours, donc des trucs moches et ratés et qui me dépriment, et plus du tout en dehors de ces séances.

Et puis il y a eu les vacances de la Toussaint, et je suis partie une semaine, et les cours n’ont pas lieu de toute façon pendant les vacances. J’ai profité de cette interruption pour bien réfléchir à ce que je veux, et évaluer l’intérêt de ces cours pour moi. J’apprends certaines choses en effet (le lavis, par exemple), ce qui était le but,  et je passe du temps avec mes deux comparses du Watercolour NightGang. Ceci étant dit, je passais du temps avec elles avant d’aller aux cours, et nous n’avons plus le temps de faire des séances ensemble comme c’était le cas auparavant, car les cours sont deux soirs par semaine, et nous avons toutes des vies les autres soirs. De leur côté, le bilan est beaucoup plus positif. L’une d’entre elle (paradoxalement, celle qui ne voulait ABSOLUMENT pas aller à ces cours) s’épanouit de manière visible, et qui fait plaisir à voir, dans la pratique de ce qui est proposé. L’autre est mi-figue mi-raisin, elle y prend parfois du plaisir, et parfois elle a envie de pleurer aussi (nous avons cependant déterminé que l’état de fatigue préalable joue pour beaucoup dans tout ça).
Donc j’apprends, mais je ne m’y plaît pas beaucoup, et le fait de voir mes amies est à 80% la raison pour laquelle je n’ai pas arrêté. Mais j’y vais moins souvent (déjà que je n’y allais que les semaines où je n’ai pas mes enfants, autant vous dire que je brille par mon absence la plupart du temps #teammauvaiseleve). Et depuis que j’y vais moins souvent, je retrouve l’envie de peindre. Donc ma motivation est clairement liée à la part de plaisir que j’y prends.

En conclusion, comme indiqué dans l’introduction, j’ai peint, puis j’ai arrêté, et je reprends. Je peins des cartes de vœux en ce moment, pour les marchés de Noël, et la plupart du temps, je peins seule chez moi, avec ma musique et le feu dans la cheminée, et c’est finalement très bien comme ça…

 

 

 

 

4 Replies to “Aquarelle, oui mais non (mais oui)”

  1. On en a un peu parlé dans notre dernier zoom, mais clairement, ce groupe n’est pas fait pour toi. Tu m’as d’ailleurs décrit une ambiance pas si bienveillante que ça à ton égard. Les gens qui s’arrogent le droit de dire « ceci est de l’aquarelle, ceci n’en est pas » me semblent hautement suspects. Comme si je disais ça à quelqu’un dans mon club de tricot qui choisirait de faire des trucs abstraits avec son tricot plutôt que des pulls et des châles. Le plaisir joue un rôle crucial dans notre capacité à pratiquer régulièrement et à nous améliorer. Clairement, ce cours ne t’en apporte pas. Tu regarderas ce que fait Anne Montel ; à mon avis, ça sera aussi un style qui te plaira beaucoup.

  2. Merci pour tes encouragements et tes recommandations. Les deux ont une haute valeur pour moi.

  3. Haha, je me sens investie d’une grande importance quand tu me dis ça ! J’ai continué de m’amuser un peu avec mes aquarelles de Noël, en dessinant un volcan et un arbre nu. Ma mère m’a demandé si « on pouvait voir ou si c’était confidentiel », alors j’ai été montré mon carnet avec mes 5 dessins, comme une gamine.
    J’ai relu mon commentaire et ça m’a fait pensé à ma relation à la chorale où je chante : les répétitions sont le jeudi soir et chaque fois, je ressens comme une corvée le fait de devoir me rhabiller, prendre la voiture et me rendre sur le lieu de répétition, une chapelle, de 20h à 22h. Mais, je sais qu’une fois que j’y suis, je suis heureuse de chanter et contente de partager ça avec les gens qui sont là. Dans la pratique même, le plaisir est là, même si le reste m’apparaît comme difficile. Je pense que c’est une bonne boussole pour se repérer dans ce qui marche ou pas pour soi.

  4. Dans tout ça il s’avère que tu as tout de même eu une révélation : ta créativité reste celle que tu as au fond de toi et non pas dans des cours pour tous…
    Continue à être toi même c’est ainsi que l’on t’aime !

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