You can’t be sad while riding a bicycle

Un de mes plus grands plaisirs dans la vie est d’avoir renoncé à ma voiture et être passée au vélo en mode de transport quotidien. Je me déplaçais déjà pas mal á vélo, mais ce changement de vie m’a drôlement réussi.

Au début, j’avais encore pas mal le réflexe voiture, et j’empruntais la voiture de mes voisins relativement souvent. Les nouvelles habitudes mettent un moment à s’ancrer, et je manquais de confiance en mes capacités physiques, me disant que je n’étais pas capable d’aller loin. Et puis, petit à petit, je suis allée de plus en plus loin, et j’ai bien vu que ce n’était pas si difficile. Quelques mois plus tard, j’ai poussé la porte de l’agence de location de vélos de ma ville, et j’ai loué un vélo électrique, qui clairement m’a changé la vie, m’aidant à dépasser mes croyances limitantes, et aujourd’hui, je me déplace jusqu’à 20 kms aux alentours de chez moi sans hésitation, sachant que si je suis fatiguée, ou pressée par le temps, ou si j’ai le vent en face, je peux utiliser l’assistance du vélo.

Un autre de mes plaisirs dans la vie, c’est d’être sur un bateau/à proximité de l’eau. Alors quand j’ai découvert le concept de Bike & Boat, proposé par le musée de la Batellerie non loin de ma ville, je me suis précipitée. Rapide comme l’éclair, il ne m’a fallu qu’un an pour m’inscrire. Il s’agit d’une randonnée entre Compiègne et Pont Sainte Maxence, lors de laquelle on peut choisir de partir en bateau et revenir à vélo, ou vice-versa. Il y a également trois horaires possibles. Ne sachant pas vraiment comment aller à Pont Sainte Maxence (ville qui ne représente qu’une gare entre Compiègne et Paris dans ma vie), j’ai choisi de partir de Compiègne, me disant qu’il me serait d’une part plus facile de retrouver mon chemin en allant vers ma zone de confort que l’inverse, et aussi que si je me perdais sur la route, je ne risquais pas de rater le bateau de retour).

Un samedi matin radieux, inespéré car survenu au beau milieu des 10 mois de météo de novembre offerts par 2024, je me suis présentée au bord de l’Oise, à proximité du Pont Neuf, avec mon vélo bleu de la ville, en espérant avoir trouvé le bon point de rendez-vous. Plusieurs personnes à vélo sont arrivées assez rapidement, des familles et des groupes de retraités actifs et joviaux, et la péniche de la ville (une péniche hybride, utilisée pour de nombreux évènements très divers) est également arrivée. J’étais la seule personne non accompagnée, je souhaitais faire cette randonnée seule, afin de pouvoir évaluer si c’était long/difficile, afin de la refaire avec mes enfants, et aussi parce que j’aime être seule.

La partie Boat comprend un brunch, et dure 3 heures 30. Sachant qu’il n’y a « que » un peu plus de 30 km entre les deux villes (par la piste cyclable, je n’ai aucune idée de la distance sur l’eau), ça me paraissait surprenant, mais c’était sans prendre en compte le fait qu’une péniche ne va qu’à environ 10-12 km/heure (ce que j’aurais pu remarquer avant, grâce à mon sens de l’observation acéré, car je suis à vélo le long de l’Oise, donc des péniches, très régulièrement, et je vois bien que je vais beaucoup plus vite qu’elles). Le brunch est très copieux, même si pas particulièrement mon style d’alimentation, et très varié, il y en a pour tous les goûts (un peu moins pour les chieuses qui ne veulent manger que local-bio-de saison-végétarien-maison-au levain)(mais on n’est peut-être pas la majorité du public visé), et le café est CHAUD, ce qui est loin d’être toujours le cas. J’étais assise à une table de joyeux retraités très sympathiques, en dépit du goût malheureusement classique des hommes du groupe pour le port de vêtements en lycra (j’ai une aversion totalement incontrôlable pour le lycra. Le lycra, c’est le Mal. Je n’irais pas jusqu’à dire que les gens qui choisissent de porter du lycra devraient mourir, mais il faudrait trouver une punition sévère tout de même)(ne vous inquiétez pas, je suis sur le coup, j’y réfléchis).

Le capitaine et notre guide étaient très chaleureux tous deux, et la guide TRÈS affectueuse et à l’écoute des enfants à bord. Ils nous ont distribué un quiz, auquel il fallait répondre au fur et à mesure de notre épopée, grâce aux informations qu’ils partageaient avec nous tout du long. Nous avons appris tout un tas de choses intéressantes sur le monde des canaux et des péniches, passé trois écluses (trèèèès lentement – toute cette expérience est une ode au Slow Living), et nous sommes arrivés, plusieurs litres de café plus tard, à Pont Sainte Maxence.

J’ai bien galéré pour débarquer, car autant à Compiègne, l’accès est facile, à Pont Saint Maxence il faut grimper une pente en terre très raide, pas du tout pratique pour les gens avec un demi-muscle dans les bras, et un vélo qui pèse le poids d’un âne mort en prime), mais les organisateurs m’ont aidée et j’ai pu enfourcher mon vélo et partir vers la Ville Impériale.


Le trajet est principalement sur piste cyclable, avec des zones bien défoncées par un manque d’entretien et des racines d’arbres, mais se fait dans l’ensemble bien. J’ai feint un appel téléphonique pour me faire semer par les autres cyclistes, car j’avais envie de faire ce parcours seule. Il est agréable, vert, à l’abri de la circulation, et pas très difficile à faire.

Je le refais ce week-end avec mes enfants, qui n’ont pas de vélo électrique et sont moins aguerris que leur mère en matière de longue distance, mais je pense que c’est gérable pour eux, avec des pauses et un pique-nique, pour profiter au maximum de cette journée. Il y avait d’autres enfants lors de ma première sortie, et les familles ont marqué des pauses à différents moments, ce qui est préférable. Pour ma part, je n’ai fait que quelques courtes pauses (1 à 2 minutes à chaque fois) pour boire et prendre des photos, en prenant bien mon temps, et j’ai mis moins de deux heures à rentrer à Margny-City.

L’expérience est donc agréable, intéressante et fun, à faire et à refaire! Il y a une date par mois, parfois deux (c’est le cas ce mois-ci) entre avril et fin septembre chaque année, what are you waiting for?!

 

 

 

One Reply to “You can’t be sad while riding a bicycle”

  1. Quelle super bonne idée, cette croisière-balade en vélo ! À Metz, une navette fluviale a été mise en place depuis deux ans, je dirais, et je pense qu’elle permettrait de faire ce que tu décris ici (en plus court). Après, je n’ai pas de vélo, mais je sais que mes parents ont fait l’aller en bateau et le retour à pied en 1h30 environ, donc c’est faisable.

Laisser un commentaire